Les dérives du sport: Violence, dopage et corruption

Publié le par Marty

On le sait, on le sent, le sport fait partie intégrante de la société, de notre société. Mais beaucoup plus qu'hier, les dérives sportives dénotent la beauté du sport. Et demain ?

Le 23 novembre 2006. Match de coupe de l'UEFA entre le PSG et Tel-Aviv, surprenante équipe israélienne. Défaites des parisiens 2-4. Le Parc des Princes hurle, ordonne la démission de l'entraineur Guy Lacombe. A l'extérieur, les violences s'activent entre supporters opposés, la police s'affole, le drame se produit, un supporter parisien est tué dans un MC Donalds de la capitale par un policier en civil.

Cinq mois plut tôt, sortait le film controversé de Lexi Alexander "Hooligans", qui suit avec réalisme des supporters ultras de West Ham United.

           Le 27 juillet 2006. Quatre jours après sa victoire dans le Tour de France, l'américain, ancien partenaire du sextuple vainqueur du tour Lance Armstrong dans la team US Postal, est contrôlé positif à la testostérone. Il se verra retirer son titre. Un an plus tôt, le journal L'Equipe avait révélé l'évidence même qu'Armstrong se dopait. Ce dernier a été par la suite blanchi.

           Le 30 novembre 2006. Du foot. Nancy contre Feyenoord. La coupe d'Europe, encore. Match interrompu à la 78ème minute pour cause de dissidences dans les tribunes, des gaz lacrymogènes sont projetés, des joueurs et des supporters sont touchés. Après le match, des supporters néerlandais s'en prennent aux vitrines des magasins nancéens, et dégradent le matériel à usage public.

           Le 15 juillet 2006. La Juventus de Turin, club des Platini, des Zidane, est rétrogradé en deuxième division par décision judiciaire, pour son implication dans l'affaire des matchs truqués du Calcio.

         

           Trois dilemmes se montrent aujourd'hui dans le sport: la violence, qui touche aussi bien le foot amateur que professionnel, la dopage et la corruption. Tous ces facteurs vont vers le sens de la décridibilisation profonde du sport de haut niveau. Pour notre plus grand malheur. A cela s'ajoute la place immorale du facteur économique dans le sport. Canal + a déboursé 600 millions d'euros pour le foot, les salaires versés dans la plus part des sports nationaux sont mirobolants (basket, baseball, foot américain aux USA, foot en Europe, en Asie et aux Emirats), et tout va vers la logique de marché, vers une logique libérale qui ne rime pas avec les valeurs du sport. Le sport est avant tout un fabuleux lien social entre les hommes, un lien inéluctable qui ne peut être mis en péril, tant il apporte aux gens, tant il apporte à la vie, tant il apporte de l'espoir à l'humanité, dans un monde en proie à certains conflits des plus affligeants. Quand en 1998, le capitaine iranien remet un bouquet au capitaine américain, quand on voit ces afghans qui jouent au foot, dans un célèbre reportage de Téléfoot , malgré la guerre, malgré le chaos et la misère,  quand lors des Jeux Olympiques de Mexico de 1968, les coureurs du 200m Tommie Smith et John Carlos, arrivé respectivement premier et troisième, protestent contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis en baissant la tête et en levant leur poing ganté de noir, lors de l'hymne américain, sur le podium à la remise des médailles, montre combien le sport est l'une des activités les plus statutaires de l’espèce humaine.
      Il m'est d'avis de croire que lorsque Pierre de Coubertin décide de remettre à jour le concept des Jeux Olympiques de l'Antiquité grecque à Athènes en 1896, et qu'il élabore sa devise "Plus vite, plus haut, plus fort", il ne se doute pas quelles dérives cela entraînera un siècle plus tard.

Le pauvre doit se retourner dans sa tombe.

Photo: supporters du club de football de la Lazio de Rome aux prises avec la police italienne

 (AFP)

Publié dans Sport

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Marty 09/01/2007 17:55

Pour le dopage, peut être que mon propos est trop centré, mais le cyclisme et le foot sont deux exemples très révélateurs. Je ne suis pa sd'accord avec toi,se doper, ce n'est pas nuire qu' à soi-même, mais aux autres, les athlètes propres, qui bossent dur, qui chaque jour, donnent énormément d'eux-mêmes, pour au final se faire doubler sur la ligne par un athlète faible qui aura boosté sa condition par des anabolisants. Le dopage est aussi moche, aussi affligeant que la violence, sous toute forme soit-elle. Pour le Dakar, c'est un autre sujet, qui n'est pas forcément lié aux coureurs mais à l'organisation autour, à la sécurité.

po3 09/01/2007 17:09

Le sport devient une vraie folie, la maniére important peu quand il y a la performance, j'ajouterai a ton article une mention pour le Dakar (avec sa première victime aujourd'hui) où les performances des pilotes sont plus importants que la vie des pilotes mais surtout des spectateurs. Autrement pour le dopage mon avis est plus partagé, il ne me géne pas tant que ça dans la mesure où chacun réalise ce qu'il veut du moment où il ne joue qu'avec sa vie, même si bien sûr ça gache un peu le sport mais il faut bien reconnaitre qu'il est présent dans tout les sports le dopage, et mettre en avant le cyclisme ou le foot reste un peu simpliste.