Piratage et droits d'auteurs: le juste milieu

Publié le par Marty

      Depuis quelques années et l'avènement d'Internet, le piratage étend son ombre sur les marchés culturels, principalement ceux du cinéma, du DVD, et des disques compacts. Peut-on totalement l'interdire? Ou sont les limites?

     Déjà, il ne faut pas se fier à l'effet d'annonce. Le cinéma ne se porte pas mal. Le marché du DVD à la rigueur. Le cinéma enregistre une hausse de 6% des entrées en 2006 par rapport à 2005, avec près de 200 millions d'entrées dans les salles obscures françaises. L'effet blockbuster avec Superman et Arthur? Peut être. Mais le cinéma français a porté haut et fort les couleurs de la patrie avec des films comme Prête-moi ta main, La Doublure, Je vous trouve très beau, ou Hors de Prix, qui ont cartonné cette année.

     Contrairement à son voisin culturel, le marché de la musique est en chute libre: 12 à 14 % de ventes en moins pour l'année 2006. Parallèlement, le haut débit flambe, la France s'en équipe de plus en plus (un foyer sur deux a une ligne ADSL), et son coût est de moins en moins élevé et qui est plus est, souvent acceompagné d'offres généreuses (télé numérique gratuite, appel sur tous les fixes illimités chez des fournisseurs d'accès comme Free ou UPC). Les CD sont devenus trop chers, et quand il est aussi facile de télécharger le tube, l'album de son artiste préféré, les français ne s'y privent pas. De sorte que l'on oublie totalement les droits d'auteurs et la législation en vigueur. Il reste totalement interdit de télécharger un morceau de musique sans en posséder l'original, ou de le télécharger à but commercial. Et c'est tout à fait normal.

      Le problème principal réside dans le contrôle. Comment distinguer les "petits", ceux qui téléchargent de temps à autre un film ou un album, et les "gros", ceux qui en font commerce, ou qui le distribuent sur des sites ou des serveurs privés. Le problème du téléchargement s'amorce avant tout à son origine, il est aussi difficile de le contrôler que de sanctionner les dérives du World Wide Web. Si le téléchargement est interdit, pourquoi n'interdit-on pas des serveurs connus comme E-Mule ou Kazaa? Tout simplement car ces plateformes sont des serveurs FTP libres où peuvent être téléchargés des logiciels gratuits en toute légalité, bien que ceux-ci soient certainement mineurs quantitativement parlant.

      Plus que de la législation et du gouvernement, c'est aux particuliers de trouver la solution. Ne téléchargez pas en excès tout et n'importe quoi, et surtout, achetez l'album que vous affectionnez tout particulièrement, allez voir le film que vous attendez depuis un certain temps, vous contribuerez au développement des artistes et de leurs talents. Dans le cas contraire, on va vers la mort regrettable de l'artiste indépendant et du cinéma d'auteur. Ce n'est que par le consensus des milieux culturels (baisses du prix des entrées aux cinémas), du gouvernement (législation adéquate aux évolutions technologiques) et des populations averties (modération et sens de la culture) que l'on arrivera à une entente stable et profitable à tout le monde, offreurs comme demandeurs.

 

Publié dans Médias et Culture

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