Guantanamo, la prison de la honte

Publié le par Elisa

            Le 12 Janvier 2007 marque le triste anniversaire du camp de détention de Guantanamo à Cuba. On s’étonne aujourd’hui de l’existence durable de cette prison, pourtant fortement contestée depuis plusieurs années.

          C’est un énorme élan de compassion qui a animé les foules de manifestants dans les grandes villes du monde entier à l’occasion de l’anniversaire de Guantanamo. Ce 12 Janvier, de nombreux opposants aux conditions de détentions illégales du camp de détention situé à Cuba, se sont réunis afin de clamer leur indignation.

 

 

 

           Crée, à titre temporaire, disait-on, dans le but d’enfermer les suspects terroristes, la prison militaire de Guantanamo a vu passer de 2002 à 2007 plus de 775 prisonniers, dont 17 mineurs, soupçonnés d’avoir commis des actes de nature terroriste. A l’heure actuelle, 430 détenus souffriraient encore derrière les barreaux de Guantanamo. Depuis son ouverture néanmoins, le gouvernement américain a du faire face avec difficulté aux pressions internationales, soutenant l’illégalité des pratiques douteuses exercées au sein de la prison.De nombreux rapports ont empoisonné le gouvernement américain le sommant de fermer ce camp honteux. On retient en 2005 le rapport annuel d’Amnesty International, qualifiant l’antre de « goulag moderne » ou encore le compte rendu de l’ONU en février 2006, qui fait état des techniques cruelles d’interrogatoire, parfois assimilables à de la torture.

 

Grèves de la faim, humiliations, sévices corporels, pressions morales sont à priori le quotidien des détenus de Guantanamo. En démontrent les témoignages des prisonniers libérés. «Les pires jours de ma détention étaient ponctués de privations, d’actes d’humiliation, d’oppression et de souffrance mentale ... je n’étais autorisé à parler qu’aux trois personnes chargées de me torturer …», telles sont les paroles affligeantes du Bahreïnite Jumah al Dossari ex-détenu, affirmations certes subjectives, qui témoignent néanmoins du traitement infâme probablement infligé aux hommes du camp.

En juin 2006, malgré les entorses de la communauté internationale, le pentagone avait réitéré la nécessité de l’existence de le la prison sordide, jugeant que les « commissions militaires », crées par G. W Bush en 2001 afin de juger les présumés terroristes, étaient illégaux et contraires à la convention de Genève et aux règles militaires. Guantanamo représentait selon le pentagone un « centre important de détention, de recherche et de renseignements », abritant des « gens dangereux ». Toutefois, les tribunaux militaires de Bush avaient enfin été légalisés en septembre 2006 par le Congrès, la prison devait donc commencer à traduire en justice les prisonniers et entreprendre l’évacuation du camp. Alors pourquoi tant d’attente pour de telles procédures?

 

            En dépit des multiples actions destinées à clôturer la prison, les actions du gouvernement américain n’ont toujours pas progressé, et les prisonniers s’apprêtent à entamer leur sixième année de détention. Une lueur d’espoir apparaît cependant en ce jour du 17 Janvier, le président Bush, en visite au Danemark, a témoigné au premier ministre Rasmussen, de son intention de « vider » la prison et attendrait simplement l’avis de la Cour suprême pour entamer ce processus.

 

             Simples paroles ou passage, tant espéré, à l’acte? Les controverses récentes suscitées autour de la gestion de la politique du président américain (portant sur l’Irak) laisse planer des doutes quant à l’exécution d’une mesure aussi importante.

Publié dans International

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