La cour de récré de l'Elysée

Publié le par Marty

           La course à l’Elysée ressemble de plus en plus à une cour d’école primaire, infantile et puérile. Tout devient burlesque, on pourrait presque se prêter au jeu de résumer les quelques mois à venir.

 

            En même temps, les enfants, c’est si prévisible. Prenez François, toujours en train de critiquer ses petits camarades, notamment les chouchous de la maîtresse, Ségolène et Nicolas, Ségo’ et Nico’ comme les appellent les autres enfants de la classe. Pas plus tard que la semaine dernière, l’impertinent François, qui cherche toujours à se démarquer pour se faire des amis, a osé prendre la parole en classe sans lever le doigt pour dénoncer le trop plein d’attention des deux meilleurs élèves de la classe. C’est que ça fait rire Olivier, quand il n’est pas occupé à regarder par la fenêtre ou à se chamailler avec sa voisine de pupitre, Arlette. Mais le travail, les enfants n’aiment véritablement pas ça. Et puis, c’est l’hiver, le mois de janvier. Les enfants préfèrent se balancer des boulettes, propulsées par d’admirables sarbacanes, confectionnées par Patrick pour Nicolas, et par Arnaud pour Ségolène.

{Prochain stade: Les Ados de l'Elysée}

           Mais ce qu’ils préfèrent avant tout, c’est le son aphrodisiaque de la cloche, cet agréable son qui titillent leurs cerveaux, et les amènent à courir vers la cour de récré de l’Elysée. Comme à l’accoutumée, deux équipes de foot se mettent en place, deux camps menés par Nico et Ségo, les deux capitaines. Olivier ne joue pas, tout comme Arlette et François, les solitaires de la bande. Jean-Marie, le gros brutal s’amuse à torturer ses petits camarades avec un sourire sadique, Olivier, frêle et chétif, est son souffre-douleur favori. Aidé de Bruno, Jean-Marie reste en dehors de tous ces jeux d’enfants mais garde une influence considérable sur les autres élèves, par son autorité et son aura. En même temps, lorsque on fait dix centimètres de plus que les autres, c’est facile. Ségo, et Nico le craigne, les notes de Jean-Marie ne sont pas si loin des leurs. Les derniers bulletins annoncent Nico avec une moyenne de 9 sur 10, Sego lorgne la barre des neuf quand Jean-Marie affiche un beau 8,5 sur 10, François, s’il s’en donnait les moyens, pourrait mieux faire, arrive en quatrième position.

              Le match de foot commence, à gauche, Sego, à droite, Nico. Les partisans du capitaine de droite engagent, le match commence. C’est un deuxième Nicolas qui arbitre, quand il n’est pas occupé à prendre soin du jardin de l’école. C’est qu’il aime la nature, ce Nicolas. Dominique n’est jamais loin de lui, mais leurs divergences en matière d’arrosage les séparent parfois.

-          Passe la balle, Sego, arrête de jouer perso’ ! crie soudain Marie – Georges, ulcérée par la conduite de la jeune capitaine de gauche.

 Quand à François, il tente de crée une troisième équipe;

 -          Pourquoi tu joues toujours la défense François, et pas l’attaque, je préfère être attaquant moi ! Lui dit son meilleur joueur.

-          Faut contrer Segolène et Nicolas, je te l’ai déjà dit, marquage à la culotte, je te l’ai déjà dit, notre plan d’action ça sera pour plus tard. Réplique ce dernier avec un certain non – charisme.

         Le match de foot traditionnel de la récré se termine en pleurs. Nico est en train d’arracher la moitié des cheveux de Sego, quand cette dernière tape là où ça fait mal chez les garçons. Personne n’a réellement pris le dessus, si ce n’est les autres membres de la classe, en majorité, qui n’ont que rarement leur mot à dire, et qui viennent les séparer. La cour de récré de l’Elysée, comme à son habitude, ressemble à un immense capharnaüm.

La maîtresse qui voit la scène d’un peu plus bas, avec un certain recul, à force de patience et d’attention, ne se soucie plus vraiment d’eux, et par certains moments les larmes lui montent aux yeux. On ne sait jamais véritablement si ces larmes sont les corollaires d’une joie ou d’une tristesse.

 

Publié dans France

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