Le Paris de Le Guen

Publié le par Marty

             Homme providentiel d’un club à la dérive, l’homme des trois titres de l’OL est arrivé la semaine dernière à la tête du vestiaire parisien, en remplacement du désormais désuet Guy Lacombe.

 

 

           

Joueur emblématique de l’ère Denisot pendant les années 1990, humble capitaine à l’excellent palmarès, international par moments, Le Guen était prédestiné à épouser la carrière d’entraîneur, par son tempérament réfléchi et son incroyable capacité à mener les troupes. Faisant ses preuves à Rennes, puis à Lyon où il remportera pas moins de trois titres de champion de France, « Paulo », comme l’appelle le président Aulas, s’en était parti cet automne aux Glasgow Rangers pour en démissionner quatre mois plus tard, n’ayant plus la confiance des supporters.

 

              Alain Cayzac, l’actuel président du Paris Saint-Germain, n’aura pas réfléchit bien longtemps pour sauter sur l’occasion, celle de faire revenir dans la capitale l’un des entraîneurs les plus convoités du circuit européen. Car le PSG va mal, dix-septième du championnat, à la limite de la relégation, la mission de Le Guen est avant tout d’éloigner son club de cœur de la zone rouge. Il ne fera pas la révolution, ce n’est résolument pas le genre de Le Guen, petit à petit, il étayera sa méthode, celle d’un jeu séduisant et offensif, d’un jeu posé en passes courtes, celle d’un jeu réfléchi et dynamique. Le Guen sait pertinemment que le PSG n’est pas l’Olympique Lyonnais, et qu’il ne pourra vraisemblablement pas reproduire les mêmes résultats dans un futur proche. Le Guen a prévenu en acceptant son poste : « pas de baguette magique ». Le Guen n’est pas là pour faire la révolution, Cayzac l’a bien compris en le choisissant, et mise sur une certaine stabilité, n’hésitant pas à prendre exemple sur le modèle de régularité à la lyonnaise.

 

            A l’image de l’OM, qui est en processus de rachat par l’homme d’affaires canadien Jacques Kachkar, le PSG est en proie à sa révolution personnelle. Les deux clubs phares des années 1990 du football français sont années après années, aptes aux changements successifs, pour leur plus grand malheur. Car on ne construit un club que dans la stabilité. L’OM qui n’a jamais véritablement pris cette voie là, s’engouffre dans d’énormes difficultés, qui se renforcent avec cette offre d’achat pour le moins suspicieuse.

 

            Le choix de nommer Le Guen n’est pas un pari fou, mais c’est sûrement un Paris gagnant. Ebranlé après l’affaire Dhorasoo et la mort d’un supporter cet hiver, le PSG vit sa plus mauvaise saison depuis les débuts du club. La première mission de Le Guen sera de redonner confiance à des joueurs meurtris, on pense par exemple à Jérôme Rothen, mais aussi aux supporters, dans un contexte pour le moins houleux.

Mais si Le Guen a accepté ce défi où il a tout à perdre, c’est aussi pour lui, après l’échec en Ecosse, l’ancien capitaine parisien aura à cœur de se racheter une crédibilité à son poste, il aura à cœur de démontrer que la méthode Le Guen n’est pas qu’une exception lyonnaise.

Publié dans Sport

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