Manga mania

Publié le par Elisa

        Les français : dévoreurs de mangas? Il semblerait bien que oui, les ventes annuelles de dix millions d’exemplaires du petit ouvrage japonais prouvent, que celui-ci a charmé les français.

 

 

 

Le manga plus qu’un simple courant artistique est devenu un phénomène de mode. Crée à l’origine dans les années 60 au Japon, l’objectif de la BD nippone était de créer un nouveau petit format pratique, permettant à ses lecteurs de passer le temps en dévorant des intrigues variées, à n’importe quel endroit et n’importe quel moment. Les mangas ont connu une expansion rapide sur la presqu’île japonaise, puisque les chiffres révèlent qu’actuellement, 50% de la population nippone lit en moyenne un manga par jour.

 

 

En France, l’ascension du manga a été plus lente, celui-ci a débarqué à la suite des jeux vidéos japonais, déjà très en vogue, dans les années 80. Les premiers ravages du manga se sont d’abord fait sentir par la forme animée, on se souvient du succès fulgurant des séries nippones telles Dragon Ball, Albator, Capitain Flam… en dépit des critiques de certains, accusant la violence de ses sagas, le manga s’insère dans la culture. Les mangakas cependant, auteurs des BD nippones ne sont pas parvenus à liquider leurs ouvrages dans l’immédiat. Néanmoins, lentement mais sûrement, la BD manga s’est intégrée dans la culture française dans le courant des années 90, au point de représenter, en 2006, 22% du chiffre d’affaires annuel de la Bande Dessinée. Angel, GTO, Love Hina, Akira, Ghost in the shell et autres titres de séries font le bonheur des lecteurs français. La France fait dorénavant figure de client privilégié du Japon puisqu’elle est la deuxième plus grosse consommatrice de mangas, après le Japon.  Le succès récent de longs métrages tels Le Voyage de Chihiro, ou le Château dans le ciel de Miyazaki Hayao prouve que le mouvement artistique japonais est digne du grand écran.

             On assiste à une déferlante de « Japonisation » également grâce à l’apparition de gadgets, de posters et autres produits dérivés. Puis force est de constater que cet art séduit autant les jeunes que les adultes (d’environ trente, quarante ans), on se souvient du cinéaste Quentin Tarantino, qui n’a pas résisté à l’envie d’insérer des fragments d’animés de type manga dans son œuvre Kill Bill (2003). Le manga attire, quels sont ces atouts qui font craquer les amateurs? Probablement les intrigues variées (allant d’aventures imaginaires, à des faits sociaux, passant par des comédies), le dessin novateur représentant des personnages  aux yeux immenses et aux traits fins, le petit format de poche pratique qui le distingue de la BD européenne… Quoi qu’il en soit le manga fait de l’ombre à la BD française. Constatant le succès indéniable du marché du manga, la France et allée jusqu’à créer une école de mangaka sur Paris « Eurasiam, Japenese Arts et communications ». Cet établissement a pour objectif de former les premiers mangakas européens et de redonner dans le même temps, un coup de renouveau à la traditionnelle BD française. Néanmoins, gardons en tête que le métier de mangaka, comme celui de tout artiste d’ailleurs, reste ardu, planches à rendre toutes les semaines pour un salaire peu élevé, aléas du marché… ce métier relève plus d’une passion que d’une ambition lucrative.

 

 

Le manga, comme bon nombre d’autres styles artistiques, représente un poids considérable dans notre culture. L’art reste un moyen d’évasion pour tous, la créativité et l’innovation, grâce aux nouveaux moyens technologiques, peuvent prédire, à l’orée de ce nouveau millénaire, l’émergence de mouvements novateurs pour le plus grand bonheur de tous.  

Publié dans Médias et Culture

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