Et si c'était vrai

Publié le par Elisa

            « Death of the president », le documentaire fiction de Gabriel Range, diffusé mardi 23 janvier en avant première sur Canal plus, choque le téléspectateur par son réalisme fulgurant.

            Il fallait oser aborder le sujet, quelles seraient les conséquences d’un évènement hypothétique, mais néanmoins réaliste, tel la mort du président Georges W Bush le 19 octobre 2007. Le téméraire réalisateur Gabriel Range a élaboré une réflexion sur ce thème et a ainsi scrupuleusement mis en scène « Death of the president », un documentaire fiction frôlant la réalité. Le réalisateur britannique pris soin  pour sa mise en scène d’utiliser techniques de tournage convaincantes et sélectionnées avec précision, probablement tirées des longs métrages antérieurs tels Bowling for colombine ou Fahrenheit 9/11 de Michaël Moore, créateur du concept novateur plaisant de film-documentaire, qui lui a valu la palme d’or en 2004. Images réelles et choquantes sur fond de mélodies bouleversantes voire pathétiques, témoignages graves de nombreuses personnalités parfois longuets, répétition clichée de phrases cultes telles « the président is dead, dead… », voix-off omniprésente…il existe encore de nombreux ingrédients dans ce long métrage réaliste qui rappelle une réalisation typique « à la Michael Moore ».  Filmé de manière documentaire avec des prises de vues simples, ce tragique récit, fascine par les sujets qu’il aborde. Gabriel Range analyse le parcours typique d’un terroriste, la mort d’un président mal aimé de l’opinion, l’évolution d’une investigation basée sur des préjugés, les tensions diplomatiques probables dans une telle situation…intrigues qui parviennent à fasciner le téléspectateur.

 

           On ne sait ce qu’a cherché à prouver la réalisateur, néanmoins le résultat est saisissant tant il est paraît probable. Preuve de sa qualité, le Festival de Toronto lui a décerné le prix de la critique internationale, qualifiant le film d’audacieux et admirant la capacité du réalisateur à « déformer une réalité pour en en révéler une vérité plus large ». Film évènement par son réalisme, on conçoit que le président Bush ait condamné l’oeuvre du britannique, jugeant celui-ci trop provoquant (peut-être craindrait-il que le document donne de mauvaises idées). Le film est censuré dans plusieurs salles.

 

           Gabriel Range n’en est pas à son premier film documentaire retraçant une situation hypothétique dans un décor réaliste et actuel, en 2003 il avait déjà réalisé The Day Britain stopped où il imaginait la Grande Bretagne dans une situation catastrophique due à un problème de transport. Quoi qu’il en soit, le réalisateur excelle dans le rôle de devin.

Publié dans Médias et Culture

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