L'arbitrage en question

Publié le par Marty

     La demi – finale du championnat du monde de handball entre la France et l’Allemagne a relancé le débat de la pertinence des décisions arbitrales majeures, ainsi que l’utilisation de la vidéo dans le sport de haut niveau.

 

 

     Il y avait des airs de déjà vu, le 1er février à la Kölnarena de Cologne.

 

 

Quand à 31 partout et à vingt secondes de la fin, le français Mickaël Guigou se voit refuser un but pourtant valable, c’est tout le staff français derrière Claude Onesta qui explose, et toute la France du sport qui hurle à l’injustice. Pour les amoureux du sport, dans une toute autre discipline que le handball, toute aussi collective, notre cœur nous ramène près de vingt-cinq ans en arrière, quand Battiston se fait littéralement assommer par l’ennemi de tout un peuple, le gardien batave, Schumacher. C’était France –Allemagne 82, et ce match ressemble beaucoup à celui de 2007. Même enjeu mondial, même stade (demi- finales), même défaite, même erreur flagrante du corps arbitrale, même boule au ventre.

 

Et pourtant. Malgré les évolutions technologiques et médiatiques majeures, l’arbitrage n’a pas évolué. Il reste la décision unique d’un homme, même épaulé par quelques assistants. Dans une salle où 20 000 personnes ont le parti pris, comme ce fut le cas avant – hier, comment résister à une si forte pression ? En tout humains que nous sommes, nous pouvons comprendre les faiblesses de quelque décisions arbitrales qu’elles soient. Mais nous ne pouvons rien faire a posteriori. C’est dans le fond qu’il faut régler le problème, c’est en amont qu’il faut résorber la source.

 

A l’heure où le sport le plus populaire du monde a vu l’élection de Michel Platini à la tête de son continent le plus fort, se relance le débat de la vidéo. Or, ce n’est pas le souhait de l’ancien capitaine des bleus. Et pourtant, il était là à Séville, c’est lui qui fait la passe à Battiston qui file au but. Mais il veut garder la beauté du jeu intact, et ne veut pas l’inonder de pertes de temps, dans des discussions arbitrales à rallonge.

 

Mais plus que la vidéo qui n’est vraisemblablement pas encore à l’ordre du jour (et pourtant appliqué dans le rugby avec succès depuis quelques années), c’est à l’universalisations des règles d’arbitrage qu’il faut penser. Faute bénigne dans la surface, penalty, pas penalty ? Tant que chaque arbitre n’appliquera pas des règles uniformes, l’injustice et le doute de corruption seront de rigueur.

 

     L’excuse qui tient à dire que « l’arbitre est humain, il fait des erreurs comme tout le monde », ne tient pas dans un milieu, où un sport fait dépenser 1800 millions d’euros à une chaîne de télévision pour le retransmettre en direct, dans un domaine où l’argent prime souvent sur le jeu.

 

Pour respecter la beauté du sport, donnons-nous les moyens d’en légitimer le résultat.

Publié dans Sport

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