Au pays des Lumières

Publié le par Elisa

Résultats exceptionnels au baccalauréat 2006, hausse visible de la proportion d’étudiants dans les études supérieures, plus de 700 sites universitaires dans l’hexagone…derrière ces chiffres brillants se cache en France une réalité plus décevante.

 

 

                La France peut être fière de ses petits bacheliers ayant excellé l’année précédente. Avec un taux incroyable de 81,9% de réussite, les lycéens sont parvenus à faire mieux que leurs aînés de mai 68 ! Modèle de développement, le pays des lumières, à première vue, semble former des petits cerveaux ambitieux et travailleurs. Cependant, en dépit de cette glorieuse réputation, les autochtones ne peuvent que constater que l’enseignement français est en perpétuelle dégradation.

 

Mauvais constat

 

Fortement critiqués, les glorieux résultats du baccalauréat ont traduit une situation de crise de l’éducation. Un taux si exceptionnel démontre en effet que l’enseignement perd peu à peu de sa valeur, et désormais, le bac devient un pseudo- diplôme peu fiable. Une réforme s’avère nécessaire dans le cursus primaire, collège, lycée. Tant au niveau des langues étrangères que de l’histoire ou du français, les élèves manquent de certaines bases.

 

L’impasse universitaire

 

Une proportion impressionnante de jeunes bacheliers se dirige ensuite en masse vers les facultés (ouvertes à tout titulaire du bac). Ajouté à une surpopulation, qui peut perturber le suivi, les étudiants des facs sont souvent confrontés à un enseignement peu pédagogique médiocre, orientés dans des filières bouchées, suivant parfois de matières inutiles…ce qui pousse souvent le jeune, las, à abandonner rapidement le défi universitaire.

 

Bien sûr, ne blâmons pas la totalité du système d’enseignement public, il demeure des filières universitaires possédant de larges débouchées, telles les voies scientifiques (médecine, pharmacie…). Néanmoins, ces filières de qualité disposent de quotas très limités, et il faut généralement posséder les moyens de suivre des cours privés en parallèle (ce qui efface le mythe de la gratuité des études supérieures) et sacrifier, durant une année du moins, sa vie sociale au profit des études.

 

Le résultat de la qualité de l’enseignement se ressent inévitablement dans la vie active. Selon l’Insee, le taux de chômage des jeunes actifs s’élève à 22,8% (ceci comprend cependant la part des étudiants encore en formation).

 

Gardons-nous d’être pessimiste face à ce constat amer, certes, l’enseignement va mal, mais en cette période préélectorale, les politiques peuvent éventuellement nous proposer une réforme efficace. De plus, ne sous-estimons pas la nouvelle génération, issus d’une ère multimédia et mass média, les jeunes ne manquent pas d’outils pour se cultiver. Reste à savoir ceux-ci le veulent vraiment et à s’assurer qu’ils disposent d’une base pédagogique afin qu’ils s’intéressent au monde qui les entourent.

Publié dans Economie et Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article