Le Quatrième Pouvoir

Publié le par Marty

                       La diversité des théories de l’information et de la communication montre à quel point il est difficile d’établir une doctrine universelle sur la question. Néanmoins, il y aurait tendance à dire que les théories datant de plus d’une génération sont jugées hors de propos, même si l’on peut considérer que certaines notions sont encore vraies à notre époque, comme la sémiotique de Roland Barthes.

Le pouvoir des médias est un facteur évolutif, irrégulier et inégal selon les endroits du monde. Notre étude s’intéressant plus particulièrement aux démocraties modernes, les institutions médiatiques font partie intégrante à l’heure actuelle du fonctionnement étatique, comme ils sont un acteur déterminant des relations internationales.

                       La théorie d’Adorno consistant à dire que les mass médias contrôlent la société est dépassée, même si elle peut être d’actualité avec la proéminence télévisuelle de «  la Real Tv  » par exemple. L’infinité des moyens techniques et médiatiques à l’heure actuelle laisse le libre choix au consommateur de choisir son type d’information. Il pourra consulter les informations actuelles soit par le JT, soit par les dépêches d’Internet ou plus traditionnellement par les quotidiens. La théorie de l’industrie culturelle est donc très critiquable. Le récepteur n’est en aucuns cas obligé de suivre les inepties mal chantées de la Star Ac ’ : le monde actuel permet de prévoir une infinité de moyens médiatiques par rapport à son statut social, comme le présente Bernard Miège avec son interdisciplinarité.

                       Le pouvoir des médias est certes grandissant mais l’individu, s’il est probablement destiné à consulter l’une ou l’autre institution médiatique, est libre de choisir laquelle. Le film du dimanche soir peut être remplacé par le cinéma ou le DIVX[1].

Pourtant, jamais sans doutes, depuis l’avènement de la télévision, les relations réciproques entre les médias et la société n’avaient été aussi perceptibles. Le lien social est-il en danger ? L’Homme ne communiquerait plus qu’avec lui-même que par des machines ? Il paraît compréhensible que cela puisse faire peur. De nombreux intellectuels critiquent cette course à la technologie, qui voient en l’ordinateur, Internet, ou des logiciels de dialogues en direct comme Msn Messenger, des dangers potentiels vers la déshumanisation des rapports sociaux.

Le danger principal de cette toile médiatique est l’égarement de la pensée personnelle. On peut prendre en considération que l’opinion publique relayée par les institutions médiatiques devienne l’opinion populaire. Elisabeth Noëlle Nomann énonce le phénomène de la « spirale du silence » où les « individus analysent continuellement les opinions traversant l’espace public afin de pas produire une opinion qui les mettrait en marge de la société ». Les médias d’opinion et les médias de sensation sont ainsi un danger pour l’esprit non avisé, les enfants par exemple, et peuvent mettre en danger sa capacité de perception  de l’information donnée.

Le pouvoir des médias va de pair avec l’accroissement des démocraties libérales. Mais il ne faudrait pas que cette puissance aille au-delà des gouvernements. Car le point faible de la démocratie, s’il faut lui en trouver un, c’est que la liberté d’opinion, si elle est infiniment belle, est profondément dangereuse. On ne peut tout dire parce que la liberté d’expression le permet. Les déclarations récentes du ministre de l’intérieure dans la crise des banlieues le prouvent bien : les médias peuvent être alors le déclencheur d’une crise tant ils influencent le peuple dans ses choix. Paradoxalement, perdure le danger du contrôle des médias par le gouvernement qui en fait un nouveau ministère, comme c’est le cas aux Etats-Unis avec la chaîne d’information continue Fox News, et ainsi devient dès lors un outil politique. Le contrôle doit être alors objectif, sans points de vues politiques et ne négligeant aucunes informations dans le but de privilégier le profit. Car le progrès technique, aussi innovateur et utile soit-il dans l’accroissement du niveau de vie, ne doit pas porter atteinte à la nature sociale de l’être humain.

 



[1] Algorithme de compression et de décompression vidéo, qui peut compresser un film occupant 5 Go, sur un DVD, à 700 Mo soit un simple CD-R, permettant ainsi 85 % de réduction, sans perte notable de qualité. C'est l'équivalent du MP3 de l'audio.

Publié dans Médias et Culture

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