La liberté d'expression dans les démocraties libérales

Publié le par Marty

          L'épisode du procès de Charlie Hebdo face aux caricatures de Mahomet et ses attaquants, réouvre le débat sur la liberté d'expression dans les démocraties libérales.

Dans des démocraties modernes aux valeurs individualistes et libertaires, la censure est souvent vue du mauvais œil, car non conforme aux principes démocratiques et ce besoin de liberté que peut rechercher tout homme. Il peut pourtant s’avérer légitime que la morale interdise certains actes, certains propos contraire aux valeurs citoyennes. C’est un problème éthique que de montrer ou de ne pas montrer des images ou des écrits qui peuvent s’avérer choquant. Depuis 1975, certains films sont classé « X », de même la loi de 1981 réprime « l’incitation au suicide », quand la loi de 1990 interdit les écrits négationnistes. Modifié en 2002, le pictogramme visuel mis en place par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), a pour but d’éveiller les consciences des parents, de ne pas laisser leurs enfants regarder des images qui pourraient les choquer. Récemment, le film d’horreur Saw III n’était visible au cinéma uniquement pour les adultes, bien que le film ne soit pas pornographique (cas de figure crée par le décret du 12 juillet 2001) ; fait rarissime puisque il ne s’était produit que deux fois dans l’histoire du cinéma français, avec Baise-moi et Ken Park.

 

Un autre principe essentiel des démocraties est la laïcité. Pourtant, rien n’empêche à l’Eglise et aux associations religieuses spécialisées dans les procès de scandaliser l’opinion publique face à des critiques vives contre la religion. Ce fut les cas pour le film de Costa-Gavras, Amen, en 2002, dont l’affiche fut fortement remis en cause par l’Eglise catholique, accusant un amalgame évident du symbole chrétien avec la croix gammée du parti nazi. De même pour le film de Martin Scorcese La Dernière Tentation du Christ, ou pour l’adaptation cinématographique du best-seller de Dan Brown, Da Vinci Code, films qui faillirent ne jamais sortir sur les écrans français. Au nom de principes comme la « tolérance religieuse » (cas réel dans un arrêt de 1997, où la Ligue contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) dénonçait des propos écrits contre la circoncision) ou « d’atteinte aux croyances » (Cour d’appel de Paris, 27/09/1988), nombre de religions parviennent à gagner leur procès contre des propos blasphématoires, ou nombre de sectes se maquillent en religion en vertu de la liberté d’expression. Aux Etats-Unis, L’Eglise de Scientologie est considérée comme une religion à part entière. Le degré de démocratisation du pays change le mode de censure d’un Etat à l’autre.

Mais la censure la plus efficace dans toute démocratie, ce n’est pas celle qui sera directe et qui par sa menace peut faire la promotion de l’objet visé (on a l’exemple de Da Vinci Code), c’est celle qui passera pour normal, « le bon sens », ou celle qui ne sera pas forcément remarquée par le peuple.

Publié dans Economie et Société

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