Tensions chez « Celebrity Big Brother » : montée daudimat, avalanche de débats.
Les propos à caractère racistes, révélés à l’encontre d’une jeune indienne Shilpa Shetty lors de la célèbre émission de télé réalité britannique, « Celebrity Big Brother », ont généré une tempête en Grande Bretagne et en Inde.
Voilà comment le non-tabou de la télé réalité peut mener à des tensions diplomatiques entre deux pays. Filmés 24 heures sur 24 dans un endroit coupé du monde, les participants d’émissions de télé réalité laissent souvent échapper des railleries, des commentaires douteux, des phrases stupides… Rappelons nous en France, il y a quelques années, la manière dont les « Lofteurs » sur M 6, avaient bon goût d’écorcher la langue française, ou de laisser échapper des injures envers leurs colocataires. Jusque là rien de choquant ni d’anormal, la présence continue d’un œil externe faisant généralement monter la tension chez les candidats au sein de cet environnement isolé, on comprend bien que des petites moqueries, plaisanteries grasses ou sarcasmes puissent émerger. On peut interpréter le but d’émissions voyeuristes de télé réalité comme une sorte de mise à l’épreuve des candidats à la vie en communauté, et on se doute que les castings sont organisés de telle sorte que les personnalités mises en jeu ont des caractères divergents voire incompatibles.
En Grande Bretagne cependant, trois candidats de l’émission « Célébrity Big Brother » semblaient décidemment ne pas vouloir s’adapter à la présence d’une jeune actrice Bollywoodienne Shilpa Shetty. « Fucking Paki », « Chienne », ou tout simplement « l’Indienne » sont les qualificatifs outrageants, à connotation éminemment raciste, qui, utilisés à l’encontre de la jeune personne ont conduit à sa marginalisation. Certains sont même allés jusqu’à refuser de manger la nourriture concoctée par Shilpa, prétextant que ceux-ci ignoraient « où elle mettait ses mains ». Cette preuve d’intolérance a provoqué un scandale au sein de la communauté indienne. L’affaire a fait la une des médias et sucité de nombreuses réactions. Le régulateur britannique Ofcom (équivalent du CSA français) a eu à faire face à un problème étique majeur, réceptionnant quelque trente mille plaintes, et la chaîne de diffusion Channel
Cependant, c’est pour le gouvernement britannique que cette affaire a pris une tournure plus délicate. Les médias indiens attaquant de plein fouet le régime britannique, puis la population autochtone indignée, ont exigé des explications mettant ainsi les dirigeants britanniques dans une position délicate. La visite en Inde de Gordon Brown, futur successeur du premier ministre Tony Blair, qui avait à l’origine pour but de défendre les effets du boom économique dans le pays et de donner un siège permanent au conseil de sécurité à l’Inde a pris une autre tournure. Victime du scandale Gordon Brown a pu constater sur place les nombreuses manifestations, et a tenté de détendre l’atmosphère, affirmant que l’Angleterre déclarant « Je veux que la Grande Bretagne soit considérée comme un symbole d’équité et de tolérance ».